VMC simple ou double flux ? Le guide pour tout comprendre de la ventilation

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Comment choisir entre VMC simple flux et double flux ? Commençons par comprendre pourquoi et comment renouveler l'air.

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Sommaire de l’article

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    Vous avez peut-être déjà ouvert vos fenêtres en grand ce matin, convaincu d'avoir fait le nécessaire pour renouveler l'air de votre logement. Ce geste est utile, oui… Mais, il ne suffit pas. Vapeur d'eau, composés chimiques issus des matériaux, CO2, microparticules : tout s'accumule dans des logements de plus en plus étanches, de plus en plus hermétiques.

    Et on n'y pense pas, parce que ça ne se voit pas.

    Pourtant, nous passons entre 80 et 90 % de notre temps à l'intérieur. Ce que nous respirons chaque jour, 20 000 fois, c'est l'air qui émane de nos murs.
    Choisir entre une ventilation mécanique contrôlée simple flux et double flux, c'est une vraie question. Mais avant de faire son choix, il faut comprendre pourquoi renouveler l'air est primordial et comment le faire vraiment.

    C'est le sujet de cet article, élaboré à partir d'une masterclass donnée aux élèves de l'Ecole HOME par Claude Lefrançois, habitologue, alias @PapyClaude sur YouTube et auteur du blog Soigner l'Habitat.

    Vous ne connaissez pas le métier d’habitologue ? C’est un peu comme un médecin généraliste, mais pour votre maison. Avant tous travaux, il ausculte le bâti : les matériaux, les techniques de construction, les systèmes en place (chauffage, ventilation, gestion de l'eau) et l'état de vétusté. Il croise ensuite ces données avec les modes de vie et les aspirations des occupants. Son rôle : vérifier que ce qu'on veut faire est compatible avec ce que le bâtiment peut supporter, et diagnostiquer les pathologies avant qu'elles ne s'installent.
    Claude Lefrançois fait partie des professionnels pionniers de ce métier en France. Ce qu'il nous partage ici, c'est le fruit de décennies de terrain.

    La vidéo complète de sa masterclass est disponible gratuitement sur YouTube :

    YouTube player

     

    Pourquoi renouveler l'air est non négociable

    Pendant des siècles, on n'avait pas besoin d'y penser. Les menuiseries fuyaient de partout. On se chauffait avec des foyers ouverts. Le linge séchait dehors, l'eau bouillait dans la cheminée. La vapeur d'eau s'évacuait naturellement. Les passoires thermiques avaient au moins cet avantage : l'air se renouvelait tout seul.

    Puis tout a changé. Menuiseries étanches, double vitrage, isolation renforcée. Et surtout, nos modes de vie ont basculé : il y a un siècle et demi, on passait 70 % de son temps dehors. Aujourd'hui, c'est l'inverse. Certaines études évoquent jusqu'à 90 % de temps en intérieur.

    Voilà 4 grandes raisons de renouveler l'air :

    • La vapeur d’eau. On respire, on transpire, on cuisine, on fait tourner la machine à laver. Une douche chaude, c'est 15 à 30 litres d'eau évaporée. Sans évacuation, cette humidité s'accumule et avec elle, les moisissures, les désordres sur les murs, les problèmes de santé.
    • Les COV : composés organiques volatils. Peintures, enduits, produits ménagers, cuisine, bougies, encens. Quand quelque chose sent bon dans un intérieur, c'est un COV. Une odeur, c'est une particule dans l'air qui n'a rien à y faire. L'air intérieur peut être jusqu'à 8 fois plus pollué que l'air extérieur. Un vrai scandale sanitaire et politique (dont presque personne ne parle !).
    • Le CO2. Quand son taux monte dans une chambre fermée, on dort mal, on se lève fatigué. On accuse le stress, le matelas, les écrans. Neuf fois sur dix, si on mesure l'air, c'est du CO2 en excès.
    • Les microparticules en suspension. Celles qu'on voit voler dans un rayon de soleil. Nos poumons ne sont pas des filtres. Autant les évacuer.

    Aérer dix minutes le matin et dix minutes le soir ? Utile, mais notoirement insuffisant. Un logement sain se ventile en permanence, avec un système adapté à sa configuration. C'est exactement ce qu'on va voir dans la suite de cet article.

    Comprendre les différences entre VMC simple flux ou double flux

    VMC simple flux : le système de référence

    Le principe est simple : un moteur extrait l'air vicié depuis les pièces humides (cuisine, salle de bain, buanderie, WC) et l'évacue vers l'extérieur. En parallèle, de l'air neuf entre dans les pièces sèches via des grilles posées sur les menuiseries. Il circule sous les portes et ressort par les bouches d'extraction.

    Mais pour que ça fonctionne, il y a trois conditions indispensables :

    • des grilles d'entrée d'air dans les pièces sèches,
    • des portes détalonnées d'environ 1 cm en bas,
    • et un moteur qui tourne en permanence.

    Trois erreurs reviennent systématiquement :

    • Pas de grilles d'entrée d'air : la machine tourne dans le vide.
    • Des grilles mal placées : le balayage est insuffisant.
    • Un extracteur qui s'arrête quand c'est sec : un système hygroréglable ralentit, il ne s'arrête jamais.

    Il existe quatre niveaux de ventilation mécanique contrôlée simple flux, du plus basique au plus complet :

    La VMC simple flux autoréglable : débit constant, quelles que soient les conditions. Simple, fiable, sans réglage automatique.

    La VMC hygro A ✅ : elle analyse la vapeur d'eau de l'air qu'elle extrait et adapte sa vitesse en conséquence. Elle ne s'arrête jamais. C'est la version recommandée.

    La VMC hygro B ❌ : elle fonctionne différemment : ce sont les grilles d'entrée d'air qui s'ouvrent ou se ferment selon l'humidité. Problème : elles mesurent l'air extérieur entrant, pas l'air intérieur. Des dysfonctionnements ont été constatés sur le terrain. À éviter selon Claude Lefrançois.

    La VMC multicapteurs : elle analyse en continu la vapeur d'eau, le CO2, les COV et les microparticules, et s'adapte à chacun de ces paramètres. C'est la solution la plus complète. Comptez entre 500 et 700 € pour la machine seule.

    Côté budget : une installation complète revient entre 2 500 et 4 000 €, pour une durée de vie de 25 à 30 ans.

    VMC double flux : séduisante sur le papier

    Plutôt que de rejeter l'air chaud extrait directement dehors, on le fait passer dans un échangeur thermique. L'air entrant traverse ce même échangeur dans l'autre sens. Les deux flux se croisent sans se mélanger et les calories de l'un préchauffent l'autre. Résultat : l'air neuf qui entre dans le logement arrive déjà tempéré.

    ventilation mécanique contrôlée double flux

    Sur le papier, c'est séduisant. Dans les faits, faisons le calcul.

    Une installation complète revient entre 8 500 et 18 000 €, contre 2 500 à 4 000 € pour une simple flux. Soit un différentiel de 6 000 à 14 000 €. La double flux a deux moteurs : elle consomme donc davantage d'électricité. Elle nécessite aussi des filtres obligatoires, à changer deux fois par an : 60 € le jeu, soit 120 €/an.

    Sans ce changement régulier, les échangeurs s'encrassent et le système perd toute efficacité. Les économies réelles sur le chauffage ? Au mieux 150 à 200 €/an. Une fois les filtres déduits, il reste 30 à 80 € d'économie nette annuelle. Le retour sur investissement n'est jamais atteint.

    Sa durée de vie est de 15 ans, contre 25 à 30 ans pour une simple flux. Plus chère, plus complexe, à remplacer plus tôt.

    Il y a une autre condition, souvent oubliée : la double flux ne fonctionne correctement que dans un logement parfaitement étanche à l'air. La moindre fuite crée des courts-circuits : l'air prend le chemin le plus court plutôt que le chemin prévu. Cette étanchéité est très difficile à garantir en rénovation. Et plus une machine est complexe, plus elle risque de tomber en panne.

    Le verdict de Claude Lefrançois est clair : en rénovation, la double flux ne se défend ni économiquement, ni techniquement. En revanche, sur une construction neuve, avec un bâtiment conçu dès le départ avec une étanchéité exemplaire, elle peut faire sens.

    Les extracteurs décentralisés : l’alternative

    Pas de combles, pas de local technique, pas moyen de faire passer des gaines dans les murs ? Les extracteurs décentralisés sont la solution.
    Le principe : une petite machine cylindrique installée directement dans l'épaisseur du mur de chaque pièce humide. Un carottage de 100 mm de diamètre sur 15 à 20 cm de profondeur, un câble électrique à amener et c'est tout.

    Comparé à l'installation d'un réseau de gaines sur toute la maison, c'est infiniment plus simple. C'est d'ailleurs la solution privilégiée dans les maisons anciennes à murs épais, où faire passer des gaines relève souvent du casse-tête.

    Comme la VMC, l'extracteur tourne en permanence. Il peut être hygroréglable : il accélère quand c'est nécessaire, mais ne s'arrête jamais.

    Un seul inconvénient à signaler : le moteur est dans la pièce, donc on l'entend. En salle de bain ou en cuisine, c'est généralement tout à fait acceptable car le niveau sonore est souvent inférieur à celui d'un réfrigérateur.

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    D'autres solutions pour améliorer la qualité de l'air

    La VMI, pour les zones à risque radon

    La VMI (ventilation mécanique par insufflation) fonctionne à l'inverse de la VMC. Au lieu d'aspirer l'air vicié pour créer une dépression, elle fait entrer de l'air propre sous légère pression. L'air intérieur vicié est poussé vers la sortie.

    ventilation mécanique par insufflation

    Son intérêt principal concerne les zones à risque radon. Le radon est un gaz radioactif naturellement présent dans certains sols et certaines pierres. Il remonte, peut traverser une dalle, et est soupçonné d'être responsable d'une partie des cancers du poumon.

    Avec une VMC classique, la dépression créée par l'aspiration peut attirer ce gaz depuis le sol vers l'intérieur du logement. Avec une VMI, c'est l'inverse : la légère surpression repousse le radon vers l'extérieur.

    La règle de circulation de l'air reste identique à tous les autres systèmes : on insuffle dans les pièces sèches, l'air sort dans les pièces humides.

    La VMI présente aussi un intérêt émergent au-delà du radon : couplée à un déshumidificateur, elle permet de traiter l'humidité de l'air entrant avant de l'introduire dans le logement. Un sujet encore en développement, mais à suivre.

    Le puits canadien, l'alternative à la climatisation

    À 2 mètres de profondeur, la terre maintient une température stable d'environ 12 °C, été comme hiver. Le puits canadien exploite cette constante : l'air extérieur transite dans une gaine enterrée sur 8 à 12 mètres avant d'entrer dans le logement. En hiver, un air à -10 °C ressort préchauffé. Utile, mais ce n'est pas là que l'enjeu est le plus fort.

    C'est en été que le puits canadien change vraiment la donne, notamment sur l'arc atlantique. En Bretagne, en Vendée, en Nouvelle-Aquitaine, on observe de plus en plus des températures de 22 à 25 °C accompagnées d'une humidité relative de 70 à 75 %. Si cet air entre directement dans un logement à 19 °C, l'humidité intérieure dépasse les 80 %. Inconfort garanti.

    Avec le puits, cet air chaud et humide descend à environ 20 °C dans la gaine. La vapeur d'eau se condense, on récupère les condensats, et l'air qui entre dans le logement est plus frais et plus sec, sans aucun apport d'énergie supplémentaire.
    Contrairement à la climatisation, le puits ne rejette pas de chaleur à l'extérieur. Pas de cercle vicieux, pas de contribution à la surchauffe urbaine. Pour un coût comparable à une installation de clim, c'est une alternative sérieuse à envisager (à condition de disposer du terrain et du budget nécessaires).

    Et le déshumidificateur ?

    Une VMC parfaitement installée ne suffit pas toujours.

    Sur une grande partie de la façade atlantique, l'air extérieur est lui-même saturé en humidité. Renouveler l'air ne change rien si l'air qui entre est aussi humide que celui qui sort. Les fenêtres condensent, le linge ne sèche pas, l'air est lourd, et pourtant la VMC tourne. Ce n'est pas un problème de ventilation. C'est un problème d'humidité de l'air extérieur. Avec le dérèglement climatique, ce cas devient de plus en plus fréquent, y compris loin des côtes.

    Le déshumidificateur répond à ce problème. Son fonctionnement est simple : on refroidit l'air, la vapeur d'eau se condense, on la récupère sous forme liquide, et l'air réintroduit dans la pièce est plus sec. L'eau collectée est du H₂O pur, non minéralisée, réutilisable dans un fer à repasser par exemple.

    Avant d'en acheter un, commencez par un thermomètre-hygromètre (moins de 50 €). Mesurez le taux d'humidité à l'intérieur et à l'extérieur. Si les deux affichent le même taux, vous savez d'où vient le problème. La zone de confort se situe entre 40 et 65 % d'humidité relative : l'idéal à 19 °C étant 55 %.

    Pour les locataires, c'est la solution idéale : le déshumidificateur vous appartient, vous repartez avec, sans avoir besoin de l'accord de personne. Un équipement bientôt incontournable dans nos logements !

    Maison ou appartement : quelle solution pour vous ?

    Vous êtes propriétaire d'une maison.

    La réponse dépend de votre configuration :

    • Construction neuve avec étanchéité parfaite → la double flux est envisageable.
    • Rénovation → VMC simple flux hygro A ou multicapteurs.
    • Pas de combles, pas de local technique → extracteurs décentralisés par pièce humide.
    • Zone à risque radon → VMI (vérifiez la carte des zones radon sur georisques.gouv.fr)
    • Humidité extérieure élevée (façade atlantique) → VMC simple flux + déshumidificateur.
    • Terrain et budget disponibles → puits canadien en alternative à la climatisation.

    Vous êtes en appartement.

    La VMC appartient au collectif. Il est impossible d'installer une VMC individuelle qui rejette dans la gaine commune car cela créerait des turbulences et enverrait l'air vicié chez le voisin du dessus.

    Commencez par vérifier que la VMC existante fonctionne. Le test est simple : approchez une feuille de papier toilette de chaque bouche d'extraction. Si elle n'est pas attirée, il y a un problème.

    Si vous êtes propriétaire, contactez le syndic. Si l'immeuble ne dispose pas de VMC (une situation très courante dans les immeubles anciens) vous pouvez proposer une réhabilitation collective. C'est long, mais c'est la seule vraie solution durable. En attendant, des extracteurs individuels peuvent être installés en façade, de préférence côté cour, avec l'accord de la copropriété.

    Si vous êtes locataire, votre marge de manœuvre est plus limitée. Signalez le problème à votre propriétaire et en attendant, le déshumidificateur reste la solution qui ne dépend de personne.

     

    Le renouvellement d'air est primordial. Il répond à quatre enjeux : humidité, COV, CO2, microparticules. Les solutions existent, à tous les budgets et toutes les configurations.

    Quand on rénove aujourd'hui, on ne peut plus se contenter de changer la couleur des murs ou l'agencement de la cuisine. La rénovation énergétique et le renouvellement d'air font partie du service qu'on doit à nos clients. En tant qu'architectes d'intérieur, c'est un sujet qu'on ne peut pas ignorer.

    Les habitologues peuvent être une ressource pour les architectes d'intérieur, comme les bureaux d'études structure le sont pour les architectes. Quand la situation le nécessite, il est utile d'avoir un spécialiste du bâti à qui référer. Il existe aujourd'hui une trentaine d'habitologues certifiés en France.

    Pour aller plus loin : regardez la masterclass complète sur YouTube

    Et si vous voulez vous former ou parfaire vos connaissances en architecture d’intérieur pour un habitat sain et durable… c'est exactement le type de sujets qu'on aborde dans nos formations.

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